[Peur à cheval] – Peur de perdre le contrôle et anticipation

[Peur à cheval] – Peur de perdre le contrôle et anticipation

C’est la perte de contrôle qui est au cœur de toutes les peurs à cheval, quand on sent que l’on ne maîtrise plus la situation. Perdre le contrôle à cheval pour certains est même synonyme de « mort ».

Se sentir incapable de maîtriser les évènements, se sentir totalement inefficace est source d’une profonde anxiété.

« L’efficacité perçue à contrôler les évènements potentiellement menaçants joue un grand rôle dans l’anxiété » –    Carré – Lecomte

Et forcément, quand on se sent inefficace, on visualise des scénarios d’échec, on s’attarde sur tout ce qui pourrait mal tourner et on anticipe le pire. Mais vous avez remarqué sûrement que dans cette anticipation, il n’y a pas de recherche de solutions, on ne fait juste que produire mentalement ce que l’on craint. Normalement, quand on anticipe, il y a dans le même temps, un commencement d’action par rapport à la prévision. Par exemple en décembre, on anticipe le rush de fréquentation des magasins la semaine de Noël en faisant ses achats avant. Mais pas là. C’est parce que cette anticipation-là, a une fonction un peu différente, elle a pour objectif de prévenir d’un éventuel traumatisme, de vous protéger. Si vous partez en extérieur par exemple, que vous êtes serein, souriant, tout va bien et que tout d‘un coup bim, vous vous faites embarquer, psychologiquement, le traumatisme vécu sera plus important que si vous l’aviez anticipé. Vous ne vous êtes pas méfié, il s’est passé quelque chose de désagréable, vous avez subi un choc, on ne vous y reprendra plus, vous allez maintenant, tout le temps vous méfier et anticiper.

Alors du coup, vous pouvez me dire que c’est une bonne chose au final !! Et … non, pas du tout.

Lorsque vous anticipez que votre cheval va ou peut s’arrêter sur un obstacle, vous créez dans votre esprit cette réalité-là. Et, vous vous adaptez, non plus à ce qui est en train de se passer dans le réel, mais à la réalité que vous êtes en train de créer dans votre esprit. Donc, vous vous tendez, vous vous crispez, vous attendez (corps et âme) que votre cheval s’arrête.

Quand on anticipe, en produisant mentalement les situations difficiles, on crée une autre réalité que celle que l’on est en train de vivre, on crée une illusion. Et, nous ne pouvons plus nous adapter à l’instant présent, car nous sommes déjà en train de nous adapter à ce qu’il pourrait être. Et ça c’est en fait vraiment dangereux.

Nous sommes déconnectés du réel.

Lutter contre l’anticipation est difficile parce qu’on est convaincu qu’elle nous protège. C’est pour cela qu’il est particulièrement compliqué d’arrêter d’anticiper. Le besoin de se protéger par ce biais est tellement fort, qu’il l’emporte sur tout le reste.

Pour travailler dessus, vous devez prendre conscience du moment où vous êtes en train d’anticiper. Ne vous battez pas contre elle. Prenez juste conscience de cette pensée qui est arrivée. Puis rationnalisez. Dites-vous que ce n’est qu’une création de l’esprit, qu’elle vous déconnecte du réel et que votre meilleure protection c’est votre capacité à vous adapter à ce qui est et non à ce qui pourrait être.

Bien sûr à ce moment-là, vous pouvez vous dire « mais je n’en serai pas capable !!!! ». Et la boucle est bouclée. Et vous venez de comprendre aussi pourquoi ces pensées anticipatoires arrivent aussi vite et aussi fort. Parce que vous n’avez pas confiance en vos capacités. C’est donc sur ça que tous vos efforts doivent porter.

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