[Peur à cheval] – A quelle peur avons-nous affaire ?

[Peur à cheval] – A quelle peur avons-nous affaire ?

Il me semble important de commencer par là. Pourquoi ? Pour apporter des réponses à plusieurs questions que vous vous posez peut-être :

Pourquoi la peur est aussi tenace et profonde ?

Pourquoi est-elle arrivée alors que rien ne s’est vraiment passé ?

Pourquoi je n’arrive pas à m’en sortir ?

Pourquoi moi et pas les autres ? Pourquoi les autres et pas moi ?

Il faut savoir que 2 types de stimuli sont susceptibles de déclencher la peur de manière générale. Les déclencheurs naturels et les déclencheurs appris.

Intéressons-nous aux déclencheurs naturels. Ceux-ci sont des objets ou des situations qui, parce qu’ils ont représenté un danger pour nos lointains ancêtres, sont en quelque sorte pré-enregistrés dans notre amygdale cérébrale. Cela signifie concrètement que nous n’avons pas besoin d’apprendre qu’ils sont dangereux. Dès que nous les rencontrons, même pour la première fois, notre cerveau les évalue automatiquement comme source de danger.

Et sur ces déclencheurs-là, il est beaucoup plus facile de faire naître une grande peur, elle sera plus tenace, il n’y a pas besoin de subir un traumatisme pour qu’elle s’installe, et s’il y en a un il sera beaucoup plus important.

N’est-ce pas ce que l’on vit quand on a peur à cheval ?

Si les araignées et les serpents sont des déclencheurs naturels, les hauteurs et les gros animaux également. Et on peut légitimement penser dans ce cas, qu’être assis en hauteur sur un gros animal, est un déclencheur naturel de peur.  

Bien sûr qu’au premier abord, nous avons des difficultés à concevoir que le cheval, et monter à cheval, pourrait faire partie des déclencheurs naturels de peur, et cela s’explique principalement par la manière dont nous avons grandi avec. Nous avons été bercés par Polly, L’étalon Noir, Mon petit Poney, des licornes et des paillettes, et cela a contribué à mettre en place une croyance selon laquelle, cet animal est davantage un gros nounours, qu’un danger. Et nous avons oublié tous les mythes et légendes dans lesquels le cheval est associé à la mort et au cauchemar. Nous avons oublié que depuis le fond des âges, il inspire davantage, de par sa masse et sa puissance, de la terreur que de la tendresse.

De ce fait, nous avons construit une représentation d’un animal doux, innocent et complice. Un ami fidèle, un herbivore pacifique, notre « bébé ». Mais notre cerveau le plus primitif, lui, est là pour nous rappeler qu’il est aussi puissant et massif, et qu’il peut faire preuve de violence dans les manifestations de son instinct. Et, d’un point de vue évolutif, c’est malheureusement lui, qui a le dernier mot. 

Plusieurs éléments militent également en faveur d’une qualification en déclencheur naturel.

> En premier lieu, sur ces déclencheurs, il est beaucoup plus facile de faire naître une grande peur. Je prends souvent ici l’exemple de l’enfant qui tombe de vélo. Il y a très peu de chance pour qu’il refuse de remonter, ou qu’il développe une grande peur du vélo suite à une chute. En revanche pour un enfant qui tombe de poney, nombreux sont les exemples où celui-ci décide de ne plus y retourner. Parce qu’il a peur. 

Les cavaliers qui ressentent de la peur le verbalisent également. Beaucoup ne comprennent pas « les proportions que ça prend ».

> En second lieu, sur ces déclencheurs, nous n’aurions pas besoin de subir un traumatisme pour que la peur s’installe. L’observation peut même suffire.

De cette petite fille qui, mise sur un poney pour la première fois par sa maman, hurle de terreur. A cet adulte, qui, une fois en selle pour la première fois, ne peut faire davantage que quelques pas avant de demander à descendre. En passant par cette cavalière qui, lorsqu’elle a vu tomber son amie devant ses yeux, a maintenant peur. Les exemples sont nombreux.

Nombreux sont également ces cavaliers qui me disent, « je ne comprends pas, il ne s’est rien passé de particulier à part des petits trucs sans gravité, mais maintenant, j’ai peur. »

En effet, sur ces déclencheurs, de petites pertes d’équilibre, des petits écarts, des messages répétés de mise en garde peuvent tout à fait contribuer à installer la peur.

> Enfin, sur ces déclencheurs, quand il y a un traumatisme, il est beaucoup plus profond. Et je pense que ceux qui en ont subi un, ne diront pas le contraire. Quand je vois avec quelle force la peur s’est installée, je ne peux que conclure qu’il y a vraiment quelque chose de différent ici, quelque chose de plus profond, quelque chose de biologique. 

« Pourquoi moi et pas les autres ? » ou « pourquoi les autres et pas moi ? »

Parce que nos gênes nous rendent tous différents. Si nous avons tous la même manière de réagir face au danger, certains ont des seuils de vulnérabilité plus bas que d’autres. Tout le monde n’a pas la phobie des araignées ou des serpents. Certains trouvent même agréable leur contact sur leur peau.

Nous avons tous aussi notre histoire. Et la manière dont nous avons été éduqués joue beaucoup. En effet, on note une forte corrélation entre l’arrivée de la peur à cheval et le faible niveau de confiance en soi….

 

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