Que ça se soit bien passé ou pas, débriefer, est une étape importante et souvent négligée.

Débriefer, ce n’est pas seulement échanger quelques mots avec son coach après son épreuve.

Débriefer, c’est surtout se poser, réfléchir à sa journée, voir ce qui s’est passé, ce qui a bien fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, … Cela sert à construire la prochaine échéance, à réadapter le programme d’entraînement mental, à changer des choses, à en ajouter…

Avec mes cavaliers, ce débrief est très important, il permet de voir comment ils avancent vers leur objectif.

Voici un petit extrait de ce que je fais avec mes cavaliers. Dans un petit tableau 3 colonnes, je leur demande de repenser à leur journée (le plus tôt possible après leur compétition).

Dans la première colonne, « chronologie », ils découpent leur journée de compétition. Notent tous les moments clés : le petit-déjeuner, l’arrivée aux écuries, l’embarquement, le trajet, l’arrivée sur place, la reconnaissance, la détente, le moment avant d’entrer en piste ….

Dans la deuxième colonne, « ce qui se passe », ils notent précisément ce qui s’est passé, avec le plus d’objectivité possible. S’ils ont stressé, s’ils ont su rester calme, déterminé, si quelque chose ne s’est pas passé comme prévu, si, dès le matin, l’estomac était dans les talons …. Ils notent tout ce qui leur vient à l’esprit. Si je suis présente et que je vois, de l’extérieur, des choses qu’ils oublient, je leur soumets. Bref, ils déroulent leur journée en observant tout ce qui s’y est passé. Je leur demande alors d’être le plus honnête possible. Nous ne sommes pas là pour juger, même s’ils ont stressé du matin au soir, ce n’est pas grave. Il peut être difficile de reconnaître que finalement, on est plutôt stressé tout le temps, mais il est important de le faire. On ne pourra gérer un stress que l’on ne veut pas voir.

Dans la dernière colonne, « pourquoi, comment », ils notent les causes de tout ça. S’ils stressent dès le petit déjeuner, pourquoi ? Quelles sont les pensées qui arrivent à ce moment-là ? Si, au contraire, ils savent rester calmes, comment font-ils ? A quoi ils pensent ? Etc …

Avec ce petit point, ils vont pouvoir identifier tous les moments critiques de la journée. Et pour nombre d’entre eux, la première fois, ils découvrent qu’en réalité il y en a davantage qu’ils ne le pensaient. Mais ils sont aussi, quelque part, satisfaits d’avoir mis le doigt sur chacun d’entre eux.

Ensuite, nous travaillons ensemble sur chaque moment critique (nous regardons les pensées qui sont à l’origine de cela, nous travaillons le switch de pensées négatives à pensées positives, la reconnexion et l’ici et maintenant, et bien d’autres outils. L’idée étant que le cavalier trouve ce qui va fonctionner pour lui, et qu’il le travaille pour que cela devienne de plus en plus facile de gérer le parasitage interne).

C’est le premier pas vers la connaissance de soi. Lorsque l’on prend vraiment conscience de tous ces instants où l’esprit nous joue des tours en nous proposant des pensées inappropriées, on sait que c’est là qu’il faut agir.

Personnellement, j’ai l’habitude de conserver ces découpages de journée au fur et à mesure des compétitions. Ainsi, les cavaliers peuvent voir qu’ils avancent et se rendre compte que le nombre de moments critiques diminue peu à peu. Mais surtout, en faisant cela, c’est eux qui prennent la main sur leur mental, et ça c’est majeur. En apprenant à se connaître, ils savent que là, là, ou là, ils peuvent stresser, ils savent aussi, grâce à leurs outils, qu’ils peuvent y remédier. Ils ne subissent plus, ils agissent. Et, à partir de là, en général, un grand pas est fait.