[Coaching] – Les mauvaises séances

[Coaching] – Les mauvaises séances

« Bon allez, aujourd’hui c’était nul, j’ai rien réussi, je suis tellement déçue … A oublier ».

Qui n’a pas un jour pensé cela ?

Encore récemment, une cliente me l’a dit. Et c’est là qu’il est important pour moi de lui proposer une autre lecture de la situation, un petit recadrage. Parce que ces séances « pourries » sont en réalité, les plus décisives, quand on sait comment les regarder.

Je suis intimement convaincue que l’on apprend davantage de ces séances ratées que de toutes celles que l’on réussit. Pourquoi ? Parce qu’elles seules nous obligent à analyser ce qui s’est passé, à nous demander pourquoi ça s’est déroulé ainsi, et comment faire pour que ça se passe mieux dorénavant. Cette analyse, nous ne l’aurions pas faite si tout c’était bien passé. Nous ne nous serions pas questionnés, nous n’aurions pas cherché, nous n’aurions pas appris.

C.Pépin, dans « Les vertus de l’échec », dont je conseille la lecture, nous parle de « l’erreur, comme seul moyen de comprendre ». C’est certain. C’est même une évidence. Mais pourquoi, même si on le sait, est-ce si difficile d’accepter ça !!!

Je pense que c’est une question de culture et d’éducation. Car en effet, dans notre culture, échouer, faire des erreurs, est un problème … Alors qu’aux Etats Unis on prône le « fast fail » (1), chez nous, c’est carrément l’inverse, il faut réussir vite et, de préférence, du premier coup. Chez nous ce qui compte c’est le diplôme, ce sont les victoires, être le premier, se tromper le moins possible. Parce que c’est à cela que l’on reconnaît les bons, les forts, les gens intelligents. Vous voyez où cela nous mène n’est-ce pas ?

Si l’échec et les erreurs font si mal, si on a tellement de difficultés à les accepter, c’est parce qu’il ne s’agit pas seulement de l’échec d’une séance, ou d’une compétition, il s’agit d’un échec de ce que nous sommes. Et ça, notre égo, notre représentation de nous-mêmes, ne peut le tolérer.

Quand ma cliente me dit, « je suis tellement déçue », de quoi est-elle déçue exactement ? D’elle-même bien sûr. Elle est déçue, parce qu’elle voulait réussir, or elle a échoué. Elle est déçue, parce que cela signifie, pour elle, « je ne suis pas douée ». Toujours pour citer Charles Pépin, le problème c’est que nous « nous identifions à notre échec ».

Pour sortir de ça, dites-vous que vos échecs n’ont strictement rien à voir avec ce que vous êtes, mais tout à voir avec ce que vous faites.

Dites-vous que la meilleure manière d’assumer ses échecs, car il est nécessaire de le faire, c’est en s’interrogeant sur le pourquoi ça n’a pas marché. Est-ce à cause d’un comportement qui n’était pas le bon à un moment donné ? D’une capacité qui faisait peut-être défaut et qu’il faut développer ? D’une croyance qui gêne ?

Mais vous ne devez pas vous identifier vous à vos échecs.

« Rater, ce n’est pas être un raté » (2)

Et vous allez voir combien tout cela est libérateur.

En conclusion, lorsque votre séance s’est mal déroulée, adoptez le réflexe suivant :

  1. Noter ce s’est réellement et objectivement passé, n’y mettez pas de sentiment.
  2. Faites comme si quelqu’un d’autre venait vous raconter cette histoire et qu’il vous demande : d’après toi, qu’est-ce que je dois faire pour solutionner ce problème ? Répondez avec le plus de spontanéité possible.
  3. Si vous avez la solution en vous, prenez l’engagement de la mettre en œuvre la prochaine fois et classez votre expérience. Si vous ne l’avez pas, prenez l’engagement de la développer et classez votre expérience.
  4. Réjouissez-vous, aujourd’hui, d’avoir appris

 

 

 

(1) « échouer vite » mis en avant par les théoriciens de la Silicon Valley qui vantent les mérites du « fail fast, learn fast » – échouer vite pour apprendre vite, soulignant ainsi le caractère vertueux des échecs rencontrés tôt. C.Pépin – Vertus de l’échec.

(2) Pépin – Les vertus de l’échec – Allary Editions

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